CONFORMÉMENT AUX ORDRES RECUS............

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Message par GARNISON36 le Lun 16 Nov - 23:32

Bon aujourd’hui, je reprend un post que j’ai mis sur un autre forum.
L’Histoire de notre institution, durant la période noire qui se situe entre 1939 et 1945, donc un vaste sujet.
Mais, je ne prendrai que le département de l’Indre, comme exemple, dont j’ai épluché les archives de la gendarmerie:

« Elle souffre en silence, elle agonise même. Elle attend l’accomplissement de l’oeuvre préservatrice » (Rapport 992/2 du cdt de cie en date du 22/08/1944)
« La gendarmerie vient de vivre une période difficile. Elle souffre de la suspicion dont elle est l’objet après avoir rempli son rôle au mieux des intérêts du pays. Elle a besoin de reprendre confiance en elle-même et de sentir que son attitude a été entièrement approuvée par ses chefs ».
(Rapport 1/4 du cdt de section d’Issoudun sur l’état d’esprit du personnel, 28.09.1944)


En 1920, apparait une Direction de la gendarmerie « autonome » au sein de l’administration centrale du ministère de la Guerre. (décret 21/10/1920)
L’article 1er du décret du 15 juillet 1933, transforme la Direction de la gendarmerie en une Sous-direction rattachée à la Direction du Contentieux et de la Justice Militaire, désormais cette direction se nomme «  Direction du Contentieux, de la Justice Militaire et de la Gendarmerie ». Elle dépend directement du ministère de la Défense Nationale et de la Guerre qui nomme ses directeurs.

En 1939, la gendarmerie française se compose de quelques 54 483 hommes répartis sur le territoire métropolitain et les colonies. parmi eux, la gendarmerie départementale représente la part la plus importante avec 26.000 hommes dont environ 177 dans l’Indre avant la mobilisation et la réorganisation des effectifs. Le gendarme se doit être parfaitement intégré dans le tissu social local. Mais cette proximité allait prendre, une dimension toute autre lors de la politique de contrôle de la population du régime de Vichy.
Son organisation est définie par le décret du 10 septembre 1935 qui remplace celui du 1er décembre 1928.

La gendarmerie départementale est répartie sur tout le territoire en brigades à cheval, à pied ou mixtes. (article 3 du décret du 10.09.1935) On compte 4800 brigades ou postes à l’époque dont 30 pour le département de l’Indre.

Conformément aux ordres reçus.
La gendarmerie de l'Indre, traquée, humiliée et massacrée par les uns et les autres (allemands, miliciens et faux maquisards) traverse une crise morale d'une gravité exceptionnelle. (Rapport 992/2  du  commandant de la Compagnie de l'Indre sur les incident de service d'origine politique à, la date du 28 août 1944)

D'après le rapport du commandant de la compagnie de l'Indre le 9 juillet 1940, sur une proposition de citation à l'ordre de l'Armée faite en faveur de la Compagnie de l’Indre. (Rapport 376/2 du 9 juillet 1940 de la Compagnie de l’Indre)

Au cours de l'avance allemande de juin 1940, Châteauroux et le département de l'Indre ont été un des buts principaux visés par les troupes ennemies. Cela, vu les usines d'aviation et les approvisionnements considérables existant dans ce département.
Aussi la presque totalité des localités importantes de cette région fut bombardées de nombreuses fois. Le terrain d'aviation de la Martinerie le fut environ 15 fois, des tonnes d'explosifs y furent jetés par les allemands.
Le commandant de compagnie cite dans son rapport les chiffres des victimes des derniers bombardements à partir des derniers rapports des chefs de sections:
Châteauroux-Déols: 25 morts et 40 blessés - Luant: 2 morts et 12 blessés - Liniez: 2 militaires morts et 30 blessés par balles de mitrailleuses - St Gaultier: 2 morts et 6 blessés - Le Blanc: 21 morts et 30 blessés - La Châtre: 6 morts et 14 blessés - Aigurande: 32 morts et 65 blessés.
A chaque bombardement, dès la première bombe tombée, la gendarmerie s'est rendue sur les lieux sans se soucier des projectiles qui continuaient à tomber. Ainsi les gendarmes de Châteauroux, coopéraient au sauvetage des aviateurs du camp de la Martinerie le 11 mai (12 tués et 60 blessés), ils étaient les premiers arrivés sur les lieux. Arrivés sur l'aérodrome, cinq minutes après la chute des premières bombes, un deuxième bombardement se produisit, beaucoup plus violent que le premier. Tout le personnel des brigades de Châteauroux étaient là. Couchés dans les  fossés de la route, ils partirent dès les dernières bombes tombées au secours des victimes. Une torpille tombe à 40 mètres d'eux, tuant un officier aviateur et un sénégalais de faction à la porte du quartier. Par miracle aucun gendarme ne fut atteint.
Le 5 juin, un avion allemand tombé désemparé dans la région de Vatan. Les 5 aviateurs qui étaient dans l'appareil atterrissent sains et saufs. Poursuivis par les gendarmes de la brigade, les aviateurs furent arrêtés par un habitant du pays et quelques soldats, un peu plus loin.  Ce même jour, la Martinerie et les usines Bloch furent bombardées et les gendarmes organisèrent là encore les premiers secours.
Lors du mitraillage de la cour de la caserne de Châteauroux, où un soldat eut la poitrine traversée, deux évacués civils furent blessés. Une ruée générale vers les abris,  se produisit, deux gendarmes ramenèrent le calme dans la rue pendant  que leurs camarades avec leurs chefs portaient secours aux victimes ensevelies sous les décombres. Plusieurs gendarmes font l'objet de propositions de récompenses pour tous les actes de courages, au cours des divers bombardements.
Conformément aux ordres reçus, la gendarmerie est restée sur place. Des renseignements furent centralisés par le commandant de la Compagnie à Châteauroux. Ceux-ci, dès leur réception furent aussitôt exploités et transmis au général commandant l'Armée, au commandant de la subdivision de Châteauroux et le cas échéant au préfet. Les brigades d'Écueillé - Valençay  - Chabris - St Christophe - Issoudun et Buzançais envoyèrent des messages téléphonés jusqu'au dernier instant. Le commandant de la brigade de Valençay envoie le message suivant: "c'est mon dernier message, les boches sont dans la cour…".De Chabris des renseignements furent envoyés à la dernière extrémité, la ligne fut coupée par un obus au cours d'un dernier message. Les commandant de brigades de St Christophe et de Valençay, coupés de toute communication téléphonique, viennent renseigner la compagnie sur l'emplacement exact de l'ennemi et repartent en motocyclette rejoindre leur poste dans leur résidence déjà occupée. Des voitures du commandant de la compagnie sont envoyées devant les avants-postes français, puis poussèrent  jusqu'à Issoudun déjà occupé et revinrent leur mission accomplie. Le commandant de la brigade d'Écueillé, ancien combattant de la Grande guerre, dépassant sa circonscription pour annoncer l'approche de l'ennemi, encore dans l'Indre et Loire, le précède et vient téléphoner ce qu'il avait vu et repartant encore. Lorsque les Allemands occupèrent la ville d'Écueillé et oublièrent de couper le téléphone de la brigade, le maréchal des logis chef n'hésite pas, sous prétexte d'assurer la police, parcourt les routes suivis par les Allemands, allant en moto dans tous les villages environnants, se renseignant sur l'emplacement des troupes et transmettant aussitôt les renseignement reçus à son commandant de compagnie. Il indique la position des Allemands heure par heure, l'installation d'un appareil allemand émetteur de TSF à Écueillé, la direction suivie par les chenillettes allemandes le 20 juin; le 21 l'emplacement exact des chars d'assaut polonais à Heugnes et à Pellevoisin. Tous ces renseignements étant donnés alors que les Allemands occupaient déjà la ville d'Écueillé depuis deux jours.
Un dernier épisode important dans la région d'Argenton, fut la destruction du pont de la ville, près de la caserne de gendarmerie. Les 5 gendarmes de la brigade restèrent près de la coupure du pont; leur mousqueton à la main; s'apprêtant à défendre le passage avec les rares troupes qui étaient là lorsque l'armistice survint et arrêta les combats.

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Message par GARNISON36 le Lun 16 Nov - 23:34

La ligne de démarcation.

Signée à Rethondes le 22 juin 1940, l'armistice franco-allemand prévoit le découpage de la France en plusieurs zones séparées par une ligne de démarcation.
Dès le 25 juin 1940, la ligne de démarcation coupe la France en deux grandes zones principales :

La zone occupée (ou "la zone nord") 
Occupée par les Allemands, cette zone est placée sous l'autorité du gouverneur militaire de Paris et couvre environ 55% du territoire. Elle est rebaptisée la zone nord, en novembre 1942, date à laquelle les Allemands occupent également la zone libre.

La zone libre (ou "la zone sud") 
Le 2 juillet 1940, le gouvernement français s'installe à Vichy qui devient en quelque sorte la "capitale" de la zone libre, familièrement appelée "zone nono" (pour non occupée). 
Le 10 juillet 1940, le Parlement vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain qui promulgue "l'Etat français" et s'engage peu après dans une politique de collaboration avec l'occupant nazi.
En novembre 1942, la zone libre est rebaptisée la "zone sud", lors de son invasion par les Allemands.

Par ailleurs, l'occupant allemand attribue un statut particulier à certains territoires français
L'Alsace et la Lorraine - (la Moselle, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin sont annexés de facto, et sont rattachées administrativement à un Gau (circonscription administrative dans l'organisation nazie) : l'une au Gau de Bade, l'autre au Gau de Sarre-Palatinat.
Le Nord et le Pas-de-Calais - Le Nord et le Pas-de-Calais sont placés sous l'autorité du Militärbefehlshaber (gouverneur militaire) de la Hollande et de la Belgique ; ils sont coupés du reste de la France par la ligne de la Somme.

De l'embouchure de la Somme au Rhône - Cette zone qui s'étend de l'embouchure de la Somme jusqu'au Rhône, à sa sortie du lac Léman, est dénommée "zone réservée" par les Allemands, mais communément appelée "zone interdite" par les Français qui ne peuvent s'y rendre que difficilement. Les contrôles y sont renforcés à ses extrémités, le long des côtes de la Manche et de la frontière franco-suisse.

La "zone occupée" italienne -
Cette zone s'étend du lac Léman à la Méditerranée. Elle passe à l'est de Chambéry, de Grenoble et de Gap, et va jusqu'à Nice y compris. Toutefois, les Italiens n'occupent effectivement que quelques points de ce territoire.

Le "mur de l'Atlantique" -
A l'automne 1941, une nouvelle zone interdite est créée le long des côtes de la Manche et de l'Atlantique, prélude à la construction du mur de l'Atlantique. Ne peuvent y pénétrer et y circuler que les personnes y résidant depuis au moins trois mois, le personnel des services civils travaillant pour l'armée allemande et le personnel ambulant de la SNCF. De plus, il y est interdit de télégraphier ou de téléphoner.


Longue d'environ 1200 kilomètres, la ligne de démarcation part de l'Est, à proximité de Genève, elle passe par les localités de Dôle, Beaune et poursuit jusqu'à la frontière espagnole. Coupant le département du Cher au sud de Bourges, elle atteint la vallée du Cher au nord de Saint-Florent, suit le cours de la rivière par Vierzon, Chabris, Selles sur Cher et Saint-Aignan jusqu'à Bléré où elle s'infléchit vers le nord-ouest à travers les départements de l'Indre-et-Loire puis de la Vienne. L'Indre se retrouve ainsi entièrement dans la zone libre et de surcroit devient un département frontalier, la pointe nord de la zone libre.
Le tracé de la ligne de démarcation implique en outre une réorganisation des légions de gendarmerie pour éviter leur chevauchement sur cette ligne. La 9° Légion à laquelle appartient la compagnie de l'Indre est divisée: cette réorganisation se fait par la circulaire du 30 juillet 1940 (Mémorial 1940, p 315-319). les parties non occupées sont appelées légion-bis tandis que les « légions-mères » restent en zone occupées: une 9° Légion-bis est créée à Châteauroux comprenant la compagnie de l'Indre, la compagnie bis du Cher et la compagnie bis de la Vienne (elle s'étend sur le département de l'Indre et la partie non occupée des départements du Cher, de la Vienne, de l'Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher).
Le sort de la gendarmerie est suspendu à cette convention d'armistice: l'article 21 prévoit la mise en place non d'une commission mixte chargée de contrôler les mise en pratique et de régler les litiges, mais d'une délégation allemande siégeant à Wiesbaden, sous la direction du général Von Stülpnagel.
Les Allemands projettent également de diviser la gendarmerie en rattachant les unités implantées en zones occupée au ministère de l'Intérieur et celles implantées en zone libre au ministère de la Guerre. Le but est d'affaiblir la gendarmerie en brisant son unité.
Pour contourner cet obstacle, le 17 mars 1941, le délégué général du gouvernement français transmet au général Von Stülpnagel les contre-propositions de la section Gendarmerie. A ce sujet, il précise:
« La Gendarmerie de la zone occupée dont tous les liens avec l'armée ont déjà été rompus ne sera plus subordonnée, pendant la période de l'armistice, à l'autorité du ministère de la Guerre.
Afin de donner tous apaisements à l'autorité occupante, elle sera subordonnée à l'autorité du délégué général du gouvernement français (M. de Brinon).
Le délégué général disposera, à l'intérieur de la délégation, d'une section Gendarmerie qui aura à sa tête un officier supérieur de Gendarmerie, d'un ou plusieurs inspecteurs de la Gendarmerie de la zone occupée. »

Le 21 avril, le général Stulpnagel informe la délégation générale qu'il « accepte que la Gendarmerie de la zone occupée soit placée sous l'autorité du délégué général du gouvernement français. » ( CAZALS Claude – La gendarmerie sous l'occupation – Editions La Muse – P 59)

En 1942, sur les neuf BMO de la Compagnie de l'Indre, huit assurent par roulement un service régulier de surveillance à la ligne démarcation.
Ainsi le poste de St Aignan est tenu par huit gendarmes, alternativement par les brigades de Buzançais et de Valençay. La relève est mensuelle. Le poste de Vierzon à douze gendarmes et un chef de poste est tenu par deux brigades fournies alternativement les BMO des sections de Le Blanc et de La Châtre. Relève tous les deux mois.
En dehors de ces deux postes tenus régulièrement, la Compagnie dût fournir deux brigades du 17 avril au 15 mai 1942 et deux brigades du 2 au 30 juin, pour tenir certains postes de la ligne de démarcation dans l'Indre et Loire.
Leur mission consiste essentiellement à effectuer des services entre 6 et 8 heures par jour et par homme, contrôle des personnes, des véhicules et des marchandises transitant de ou pour la zone occupée, vérification des identités, surveillance des trafics de marchandises, patrouille le long de la ligne de démarcation.
La BMO d'Argenton est détachée au barrage d'Éguzon du 10 mai au 5 septembre 1941. Du 10 février au 10 avril 1942, elle est requise au poste de Vierzon-Bourgneuf pour la surveillance de la ligne et détachée à Paulmy en Indre et Loire. La BMO de Buzançais a été absente trois mois de sa résidence entre le 1er janvier 1942 et la mi-juin 1942, celle de Valençay l'a été durant trois mois et huit jours. (Rapport 71/2 du commandant de la BMO d'Argenton sur l'état d'esprit des militaires de la brigade, en date du 9 juin 1942)

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Message par GARNISON36 le Lun 16 Nov - 23:37

La gendarmerie de l'Indre au service de Vichy.

Les nomades, les étrangers et,…
Les étrangers font l'objet de mesures discriminatoires de la part du Gouvernement de Vichy. Étrangers (canadiens, belges, espagnols, italiens, roumains, etc…). pour la section de Châteauroux, on compte 1468 étrangers en 1941, 2626 en octobre 1942, 2323 en novembre 1942.
La présence de groupements de travailleurs étrangers dans l'Indre amène les gendarmes à assurer certaines missions. Il faut chercher les déserteurs de ces groupes.
Dans les archives de la gendarmerie, nous trouvons différentes listes demandées par le préfet de l'Indre. Le 15 avril 1942 une liste de 94 noms de nomades est établie par le commandant de Compagnie, une autre de 75 noms est établie le 14 août 1942.

Le 16 novembre 1940, un transfèrement de 250 nomades et étrangers est effectué de Châteauroux vers le camp d'Agde suite à une réquisition du préfet de l'Indre du 15 novembre 1940. Des gendarmes du Blanc escortent un groupe de 60 nomades venant de Martizay et de Migné. Deux autres gendarmes venant de la section de La Châtre emmènent par voie ferrée 130 individus de La Châtre, 40 étrangers viennent de la Pingaudière (escorte de Châteauroux) et 12 nomades de Déols. Toutes les escortes se retrouvent à la gare de Châteauroux, et à 22 h 35, le train quitte la gare.
Entre le 1er janvier et le 28 juillet 1941, la Compagnie de l'Indre a effectué 159 transfèrements, qui a nécessité la consommation pour le personnel de repas froid (dont 112 par Châteauroux), 8 de ces services seulement ont eu une durée excédent 48 heures. 77 ont eu une durée inférieure ou égale à 24 heures. De plus une grande partie de ces services sont effectués inopinément et les militaires n'ont que quelques heures pour se préparer.
C'est ainsi que des difficultés du ravitaillement n'ont permis dans un certain nombre de cas que d'emporter des repas insuffisants et aucun ravitaillement ne peut être effectué en cours de route. Par exemple, le 26 février 1941 au cours d'un transfèrement du Blanc à Rivesaltes de 4 jours, les militaires de l'escortes n'ont pu trouver que du pain et du vin au cours du trajet.
Les conserves sont pratiquement introuvables dans le commerce et la conservation des denrées qui peuvent être souvent emportées est précaire en été.
Le commandant de Compagnie propose auprès du service des subsistances du Blanc la constitution d'un stock de conserves pour les services de transfèrements.

..... les juifs.
L'image que les français gardent des gendarmes durant l'occupation, est l'affiche du film d'Alain Resnais "Nuit et brouillard", où nous apercevons un garde mobile sur un mirador du camp de Pithiviers.




Aux vues de la loi du 2 juin 1941,

"Est regardé comme juif, celui ou celle, appartenant ou non à une confession quelconque, qui est issu d’au moins trois grands-parents de race juive, ou de deux seulement si son conjoint est lui-même issu de deux grands-parents de race juive.
Est regardé comme étant de race juive le grand-parent ayant appartenu à la religion juive; 2° Celui ou celle qui appartient à la religion juive, ou y appartenait le 25 juin 1940, et qui est issu de deux grands-parents de race juive….
La non-appartenance à la religion juive est établie par la preuve de l'adhésion à l'une des autres confessions reconnues par l'État avant la loi du 9 décembre 1905.
Le désaveu ou l'annulation de la reconnaissance d'un enfant considéré comme Juif sont sans effet au regard des dispositions qui précèdent.

Art. 2. – L'accès et l'exercice des fonctions publiques et mandats énumérés ci-après sont interdits aux Juifs :
1. Chef de l'État, membres duGouvernement, du conseil d'État, du conseil de l'ordre national de la Légion d'honneur, de la cour de cassation, de la cour des comptes, du corps des mines, du corps des ponts et chaussées, de l'inspection générale des finances, du corps des ingénieurs de l'aéronautique, des cours d'appel, des tribunaux de première instance, des justices de paix, des tribunaux répressifs d'Algérie, de tous jurys, de toutes juridictions d'ordre professionnel et de toutes assemblées issues de l'élection, arbitres.
2. Ambassadeurs de France, secrétaires généraux des départements ministériels, directeurs généraux, directeurs des administrations centrales des ministères, agents relevant du département des affaires étrangères, préfets, sous-préfets, secrétaires généraux des préfectures, inspecteurs généraux des services administratifs au ministère de l'intérieur, fonctionnaires de tous grades attachés à tous services de police.
3. Résidents généraux, gouverneurs généraux, gouverneurs et secrétaires généraux de colonies, inspecteurs des colonies.
4.Membres des corps enseignants.
5. Officiers et sous-officiers des armées de terre, de mer et de l'air, membres des corps de contrôle de la guerre, de la marine et de l'air, membres des corps et cadres civils des départements de la guerre, de la marine et de l'air, créés par les lois du 25 août 1940, du 15 septembre 1940, du 28 août 1940, du 18 septembre 1940 et du 29 août 1940.
6. Administrateurs, directeurs, secrétaires généraux dans les entreprises bénéficiaires de concessions ou de subventions accordées par une collectivité publique, titulaires de postes à la nomination du Gouvernement dans les entreprises d'intérêt général.
Art. 3. – Les juifs ne peuvent occuper, dans les administrations publiques ou les entreprises bénéficiaires de concessions ou de subventions accordées par une collectivité publique, des fonctions ou des emplois autres que ceux énumérés à l'article 2, que s'ils remplissent l'une des conditions suivantes :
a) Être titulaire de la carte du combattant, instituée par l'article 101 de la loi du 19 décembre 1926 ;
b) Avoir fait l'objet, au cours de la campagne 1939-1040, d'une citation donnant droit au port de la Croix de guerre instituée par le décret du 28 mars 1941 ;
c) Être décoré de la Légion d'honneur ou de la médaille pour faits de guerre ;
d) Être pupille de la nation ou ascendant, veuve ou orphelin de militaire mort pour la France.
Art. 4. – Les juifs ne peuvent exercer une profession libérale, une profession commerciale, industrielle ou artisanale, ou une profession libre, être titulaires d'une charge d'officier public ou ministériel, ou être investis de fonctions dévolues à des auxiliaires de justice, que dans les limites et les conditions qui seront fixées par décrets en conseil d'État.
Art. 5. – Sont interdites aux juifs les professions ci-après :
Banquier, changeur, démarcheur ;
Intermédiaire dans les bourses de valeurs ou dans les bourses de commerce ;
Agent de publicité ;
Agent immobilier ou de prêts de capitaux ;
Négociant de fonds de commerce, marchand de biens ;
Courtier, commissionnaire ;
Exploitant de forêts ;
Concessionnaire de jeux ;
Éditeur, directeur, gérant, administrateur, rédacteur, même au titre de correspondant local, de journaux ou d'écrits périodiques, à l'exception des publications de caractère strictement scientifique ou confessionnel ;
Exploitant, directeur, administrateur, gérant d'entreprises ayant pour objet la fabrication, l'impression, la distribution ou la présentation de films cinématographiques, metteur en scène, directeur de prises de vues, compositeur de scénarios ;
Exploitant, directeur, administrateur, gérant de salles de théâtre ou de cinématographie ;
Entrepreneur de spectacles ;
Exploitant, directeur, administrateur, gérant de toutes entreprises se rapportant à la radiodiffusion.
Des règlements d'administration publique fixeront pour chaque catégorie les conditions d'application du présent article.

La loi du 11 décembre 1942, demande aux commissaire de police et aux commandant de brigade d'apposer la mention "juif" sur la carte d'identité de toute personne de race juive.

Les gendarmes participent au contrôle de la circulation et de résidence des juifs. Le contrôle des juifs étrangers ne semble pas assuré avec zèle. Le commandant de compagnie signale à plusieurs reprises que de nombreux israélites étrangers « ont quitté ou quittent chaque jour leurs résidences en empruntant des moyens de transport public sans être inquiétés en cours de route »; ce contrôle des brigades territoriales est jugé insuffisant et inefficaces, notamment en avril 1943. cette faiblesse des contrôles peut ainsi être considérée comme une résistance passive de la part du personnel. Les gendarmes doivent ainsi s'assurer, au cours de leur service, de la présence des assignés à résidence dans les communes externes en examinant le registre spécial dans chaque mairie. Les gendarmes doivent aussi contrôler les personnes empruntant les transports en commun, les gares sont également sous surveillance.

Le 21 février 1943, le commandant de compagnie adresse une note aux unités de l'Indre pour effectuer un ramassage d'Israélites le 23 février à 4 heures du matin. Ces individus arrêtés sont regroupés dans les brigades et ramassés par des cars afin d'être emmenés sous escortes jusqu'à Douadic le 23, et de Douadic à Nexon le 24 février.

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Message par GARNISON36 le Lun 16 Nov - 23:40

Au début de l'automne 1941, est prise la décision de mettre en route la « solution finale », l'extermination de tous les juifs européens dont les modalités sont arrêtées le 20 janvier 1942 à la conférence de Wannsee. Les 2 et 4 juillet 1942, deux décisions capitales sont prises: rené Bousquet, nommé secrétaire général à la police le 18 avril 1942 par Pierre Laval revenu au pouvoir le 16 avril, promet que la police française arrêtera les juifs de zone occupée comme ceux de la zone libre.

Le 4 juillet, Laval propose que, lors de la déportation des familles juives de la zone non-occupée, les enfants juifs de moins de 16 ans soient compris. Par ailleurs, ce sont les forces de l'ordre françaises qui se chargeront de la rafle. Après les trois rafles de l'année 1941 en zone occupée, le 16 juillet 1942 à Paris, 13.000 personnes, toutes juives sont rassemblées au Vel d'Hiv par la Police française. (Opération « Vent Printanier »°. cette sera suivie par d'autres en zone occupée. Les rafles sont organisées en zone libre avec la même détermination qu'au nord de la ligne de démarcation, par les forces françaises du maintien de l'ordre. L'Indre est concernée en 1942-1943 par deux rafles; août 1942 et février 1943. la gendarmerie doit bien sûr y participer. En effet les Allemands n'ont pas les effectifs nécessaire, ni la connaissance du terrain.ils ont besoin que les forces françaises de M.O. Collaborent avec eux sous peine d'être réduites.

Dans la nuit du 25 au 26 août 1942, dans toute les régions de la zone libre, et donc dans l'Indre, gendarmes et policiers quittent les brigades, les commissariats et les casernes de GMR pour exécuter et encadrer la grande rafle. Un centre de rassemblement est désigné pour chaque région: ce sera Nexon pour la région de Limoges d'où partiront les convois pour Drancy de même qu'un centre de triage et de ramassage est choisi par département: il s'agit de Douadic pour l'Indre. A partir du 22 août 1942, deux brigades de GMR sont sur place. Les juifs y sont conduits directement; ces centres de ramassages vont fonctionner comme lieux de triage pour séparer les déportables de ceux qui bénéficient de l'exemption.
Pour l'Indre une liste de 215 assujettis a été établie.(J . Blanchard – Le camp de Douadic, centre de triage avant déportation et centre n° 11 bis du service social des étrangers )
la compagnie de l'Indre a consommé, pour ses opérations de ramassage de la fin août 1942, 300 litres d'essences et 4 litres d'huile, carburants qu'elle a dût elle-même acheter alors qu'ils devaient lui être fournie par la préfecture de l'Indre, détails prosaïques au regard de la situation des « raflés ».

La gendarmerie a tout d'abord l'ordre de préparer ces rafles après avoir reçu de la préfecture les listes nominatives comportant l'adresse des personnes à arrêter. Le Blanc: 13 israélites étrangers (3 polonais, 3 Roumains, 1 Russe, 5 Allemands et 1 Américain), Châtillon: 57 étrangers, dont principalement des Allemands mais aussi des Turcs. Les commandants de brigade doivent s'assurer de la présence de chacune des personnes figurant sur la liste à l'endroit indiqué, les juifs doivent être désigné par leur numéro sur la liste, par exemple, n° 4: présent; n°5: habite à tel endroit. Par ailleurs les brigades doivent mettre en place leur dispositif en prévoyant les effectifs nécessaires à l'exécution de ces opérations. Ainsi pour la section de Châteauroux, les effectifs nécessaires sont de : 8 gendarmes à Châteauroux (la brigade envoie en plus 2 hommes à Issoudun), 14 à Issoudun (8 de la brigade, 2 de Vatan, 2 de Reuilly, 2 de Châteauroux), 4 à Écueillé, 2 à Palluau, 4 à Valençay, 6 à Villedieu (4 de la brigade et 2 de Buzançais), 2 à Buzançais (la brigade envoie 2 hommes à Villedieu), 2 à Reuilly (la brigade envoie 2 hommes à Issoudun), et 2 à Vatan (la brigade envoie en plus deux hommes à Issoudun). Chaque équipe de gendarmes doit comprendre au moins un gendarme de la circonscription dans laquelle cette équipe opère.

Le regroupement se fait parfois dans les mairies. La famille X. de la Varennes est « ramassée » le 26 août 1942 à 2hàà à savoir le père, la mère et les quatre enfants (dix-huit ans, six ans, cinq ans et quatre mois). Ils sont remis au chef d'escorte pour être conduits à la caserne puis au camp de Douadic.

Un autre ramassage a lieu dans l'Indre en février 1943, exactement les 23, 24 et 27 février., et comme pour la rafle d'août 1942, les listes tombent. Les gendarmes doivent aussi assurer l'escorte de ces cars jusqu'à Douadic puis de Douadic au camp de Nexon avec entre les eux transfèrement la surveillance des juifs au camp de Douadic.

Le 23 février 1943, 80 juifs sont arrêtés dans l'Indre. Pour la section de Châteauroux, le 23 février, 38 ont été appréhendés sur 64, le 24 février, 25 sur 42 et le 27 février, neuf sur 32 (Rapports 9/4, 11/4 et 12/4 du commandant de la section de Châteauroux sur le ramassage des israélites, 24/02, 25/02 et 1er mars 1943).

les gendarmes agissent selon un arrêté d'internement du préfet de l'Indre du 20 février 1943 et se présentent au domicile de la personne concernée. Ils lui donnent connaissance de l'arrêté après s'être assurés qu'ils s'appliquait bien à sa personne.
Les absences sont fréquentes. Une partie de la population aide les juifs à fuir et à se cacher ou les avertit du danger. Certains gendarmes préviennent même les juifs avant les rafles. Dans certaines communes, les intéressés ont été prévenus de la mesure qui allait les atteindre. Les gendarmes doivent donc vérifier les télégrammes et les communications qui auraient pu être reçus par ces israélites. Selon le commandant de compagnie, « les brigades auraient dû contrôler et vérifier périodiquement qu'ils n'avaient pas quitté les résidences assignées ».
Ce manque de zèle dans les contrôles fait partie des manifestations de résistance passive
de la part des gendarmes. Parfois les gendarmes en liaison étroite avec des responsables de la communauté juive, comme à Issoudun, renseignaient avant toute opération de police, le chef de la communauté israélite..

De même que des gendarmes de la brigade de Châteauroux ont invité à fuir un médecin israélite et sa femme qu'ils étaient chargés d'arrêter en 1943. cela se traduit par des P.V. De recherches infructueuses qui constituent l'une des manifestations les plus courantes.

à suivre....

GARNISON36

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